Les matériaux d'étiquettes, un atout pour la circularité
La soutenabilité dans le domaine des étiquettes peut prendre plusieurs visages, qui étaient tous représentés au salon Labelexpo de Bruxelles. Des étiquettes recyclables ou fabriquées à partir de matériaux recyclés ou de biomatériaux aux vignettes faciles à enlever pour faciliter le recyclage. Ou encore celles dont le dorsal est récupéré pour un nouveau cycle, quand il n'est pas carrément supprimé dans le cas des linerless. Ci-dessous, un petit aperçu de l'offre présentée au salon. Biosourcé et recycléTaghleef reste particulièrement active dans la recherche de nouveaux matériaux durables pour les étiquettes, et ce aussi bien les rétractables que les autoadhésives ou les moulées (IML). Parmi les nouveautés, on relève notamment des films PP biosourcés et des films reLIFE comportant une part de contenu recyclé. Taghleef les a dévoilés à la faveur d'une présentation montrant toutes sortes de redesigns d'étiquettes existantes.Taghleef a notamment mis en avant une IML biosourcée codéveloppée avec MCC Verstraete pour un fabricant de pots de fleurs en plastique biobased (à gauche sur la photo). La classique étiquette autocollante des régimes de bananes a aussi été remplacée par une bande végétale Nativia compostable industriellement (à droite sur la photo).

Taghleef a aussi montré un pot de cosmétique entièrement biosourcé, développé en partenariat avec Lamene, Sabic et UPM Raflatac. Celui-ci n'a pas été conçu en remplacement d'un conditionnement existant, mais est destiné à un tout nouveau soin de la peau de Lamene.
Pour Zarotti, producteur de filet de thon à l'huile d'olive, Taghleef a mis au point une étiquette en plastique obtenu à partir de matériaux recyclés récupérés dans les océans ou à proximité de ceux-ci.
Pour Pepsico, Taghleef a présenté, en partenariat avec Cerflex, une étiquette wraparound en bobine, fabriquée à partir de plastique recyclé par la voie mécanique (rPP, ) en remplacement d'une étiquette PP pétrosourcée (voir photo).
Avec Fedrigoni, Taghleef a développé à partir du même matériau une étiquette nacrée autocollante pour le masque capillaire bio Evo.
Film BOPP pour look sans étiquette
Innovia Films a notamment présenté Rayoface CSA46, un film BOPP revêtu transparent et brillant sur une face pour un aspect "sans étiquette", qui convient aussi pour des aliments et des boissons ou des applications de produits ménagers ou d'hygiène corporelle (voir photo).
Les Rayoface CPE45 et WPE45 d'Innovia sont des matériaux d'étiquetage en plastique - transparent et extrablanc - destinés à remplacer les films PE et MDO utilisés dans les soins de santé et l'hygiène corporelle. Ils seraient plus minces que les variantes usuelles. L'entreprise a aussi exposé les films polyoléfine rétractables Rayofloat APO et APO-HS (rétractabilité élevée), conçus pour améliorer le taux de pureté des bouteilles en PET recyclées. [Innovia] À base de déchets de papier de post-consommationItalstick a présenté des liners respectueux de l'environnement fabriqués à partir de déchets de papier 100% de post-consommation et contenant jusqu'à 40% de fibres d'herbe sans colorant ajouté. Elle a aussi montré le kraft RippedBrown: un papier naturel, non blanchi et non couché. Italstick a également annoncé avoir dans son assortiment des films PVC sans phtalates et une large gamme de films plastiques pouvant s'imprimer en offset ou en numérique, tous revêtus d'adhésifs acryliques à l'eau.

Avery Dennison sans dorsal
Avery Dennison a lancé les AD LinrSave et AD LinrConvert, première génération de solutions décoratives linerless basées sur une technologie brevetée de microperforation. Ces deux matériaux sont faciles à intégrer dans un équipement existant, assure le fabricant. "Et avec jusqu'à 80% d'étiquettes en plus par rouleau, ils permettent des productions plus efficaces avec moins de changements", ajoute-t-il. Ces étiquettes peuvent se poser sur un large éventail de types d'emballages employés dans divers secteurs, comme ceux des aliments et boissons, des vins et spiritueux, mais aussi des produits ménagers et d'hygiène corporelle.

Cette évolution s'inscrit dans la continuité du lancement en avril de l'AD XeroLinr DT, une alternative sans dorsal durable pour étiquettes à informations variables, commercialisée pour la logistique et le commerce en ligne.
Avery Dennison a aussi présenté à Bruxelles les tout nouveaux échantillons d'emballages "connectés", avec une série de prototypes faisant appel aux technologies RFID et NFC. La communication en champ proche (NFC) permet aux consommateurs d'en apprendre davantage sur un produit simplement en en touchant l'étiquette avec leur smartphone. Avec une plate-forme de produits dans le Cloud, les fabricants de marques peuvent suivre et identifier avec précision les produits individuels sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement, et attester de leur origine et de leur cheminement durables.
Papiers dorsaux récupérés
Avec RE-Play, Fedrigoni Self-Adhesives a montré une série de supports d'étiquettes dont le dos siliconé est récupéré et recyclé en circuit fermé pour la production de nouvelles étiquettes de luxe.Le fabricant a aussi exposé des produits destinés à un étiquetage de luxe, comme du papier 100% recyclé ou constitué de fibres alternatives. De l'avis même de Fedrigoni, les produits phares sur son stand étaient ses matériaux d'étiquettes pour le secteur pharmaceutique. Ceux-ci ont été conçus pour de petits emballages, notamment de médicaments en vente libre, seringues, ampoules, flacons d'injection et stylos à insuline. Par exemple pour des sceaux d'étuis pharmaceutiques, des étiquettes scellées, des étiquettes de stockage réfrigéré, des étiquettes pelables, des multicouches et des étiquettes livrets multipages. Doublure durable

Sappi a présenté la nouvelle doublure Sol BCK sans couche plastique comme alternative au papier revêtu de polyéthylène (PCK). Le Sol BCK contribue à réduire l'empreinte carbone de plus de 50%, assure le fabricant. Il est couché à l'argile, ce qui lui confère une surface lisse idéale pour le siliconage et qui permet après coup une séparation aisée de la couche protectrice et de l'adhésif. De quoi assurer, poursuit Sappi, une bonne processabilité, également dans des conditions climatiques particulières. La pénétration de l'humidité est ainsi minimalisée. [Sappi] Revêtements antiadhérentsDow a notamment montré ses revêtements antiadhérents siliconés et ses adhésifs acryliques et au silicone. Les produits à revêtement antiadhérents Syl-Off peuvent être travaillés à des vitesses allant jusqu'à 1 300 m/min. Dow a aussi présenté une série d'adhésifs acryliques siliconés et aqueux. Dow a par ailleurs montré sa colle lavable Invisu 7007 pour étiquettes filmiques. De quoi permettre une séparation aisée des étiquettes en PSA et des bouteilles en PET dans une installation de tri. Global Awards Conformément à la tradition, les Global Awards ont été remis à Labelexpo lors d'une soirée de gala. Lintec Europe en a même raflé plusieurs pour différentes innovations également exposées à Bruxelles. Le jury s'est dit impressionné par son nouvel adhésif à base de polyester, qui va, selon lui, largement contribuer au développement d'une économie circulaire des matériaux en facilitant une séparation propre des déchets de récipients en PET. Le polyester monomatériau MMP (PET) de Lintec a été conçu pour des applications sur emballages polyester, comme des bouteilles d'eau à usage unique. "Le film transparent est revêtu d'un adhésif fort, mais qui peut s'enlever. Comme film et adhésif sont tous deux du polyester, le risque de contamination est réduit si les étiquettes ne sont éventuellement pas enlevées avant le processus de lavage et de broyage. Grâce à un enduisage spécial, les étiquettes peuvent en outre être désencrées dans un bain alcalin."Le nouveau papier thermique direct de Lintec offre une résistance supérieure à l'humidité et en cas d'immersion dans l'eau, et une résistance aux éraflures améliorée. Il est aussi micro-ondable. Verdict du jury: "Le matériau a remplacé avec bonheur les étiquettes plastiques utilisées dans les secteurs des aliments, des boissons et de la logistique."

Étiquette en "plastique océanique"
Le prix du développement durable est allé à UPM Raflatac, pour son étiquette Ocean Action (voir photo), fabriquée à partir de plastique "détourné des océans", car collecté dans les eaux et sur les berges des rivières qui y mènent. Le jury y voit une étape importante dans la création d'un véritable marché commercial des déchets plastiques.
Les étiquettes papier PureCycle d'UPM sont faciles à détacher des emballages dans les flux de recyclage des PET et HDPE, ce qui contribue à des flux de tri propres. L'assortiment des étiquettes papier RAFNXT+ est certifié neutre sur le plan des émissions de CO2. Enfin, UPM a aussi montré ses matériaux pour étiquettes sans dorsal.