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Faut-il investir dans un robot?

Jamais les raisons d'automatiser le flux de production n'ont été aussi nombreuses qu'aujourd'hui. Le facteur humain, surtout, représente un casse-tête pour les entreprises désireuses de se développer. Le personnel qualifié et expérimenté est difficile à trouver, et plus encore à conserver. Sans oublier l'inflation qui alourdit encore les charges salariales. Et le vieillissement qui rend certaines tâches physiques plus pénibles pour un nombre croissant de travailleurs. Nous devons donc composer avec un effectif réduit tout en lui rendant la besogne plus légère.

À cela, le marché ajoute une pression croissante sur les délais. La livraison pour le lendemain, voire le jour même, devient monnaie courante. Les webshops la proposent de plus en plus. Dans la foulée du consommateur, les entreprises aussi tablent sur des délais toujours plus courts.

Configuration minimale

Les dépenses viennent avant les bénéfices et automatiser requiert d'investir. Avec un ROI le plus court possible. Aussi l'automatisation doit-elle être correctement déployée et s'intégrer harmonieusement dans le flux de production. Ce qui peut occasionner quelques maux de tête. Les fournisseurs de matériel et de logiciel réfléchissent avec vous. N'oubliez pas qu'ils vous vendent souvent plus que ce dont vous avez réellement besoin. Parfois, un équipement ou programme supplémentaire peut même entraver votre production. Ainsi, cet exemple observé récemment dans une imprimerie néerlandaise, où - sur les bons conseils du fournisseur - un tampon d'alimentation papier avait été ajouté à une ligne de production jet d'encre. Il est apparu que la machine pouvait très bien fonctionner sans et que son retrait permettait d'augmenter la cadence. Le tampon devenu inutile attend une autre destination.

Toujours la pratique dans le pays de la robotique: chaque action doit être programmée. (En photo, l'Inca HS X1 chez 3Motion à Zele. L'imprimante est équipée de deux robots pour charger et décharger le matériel).
Toujours la pratique dans le pays de la robotique: chaque action doit être programmée. (En photo, l'Inca HS X1 chez 3Motion à Zele. L'imprimante est équipée de deux robots pour charger et décharger le matériel).

L'option raisonnable peut dès lors être de partir d'une configuration minimale, qui pourra être complétée au besoin. De plus en plus de solutions modulaires sont conçues dans cette optique. Si le flux de production a été bien étudié dès le départ, les maillons faibles de la chaîne se révèlent souvent d'eux-mêmes. C'est à ces endroits que, par exemple, des bras robotisés ou d'autres auxiliaires peuvent s'avérer utiles. Mais même ainsi, il est conseillé d'envisager plusieurs options.

Avenir fantasmé

Les étapes de la production où le personnel est astreint à des manipulations répétitives méritent l'attention. Toute opération exécutée plus d'une fois sur la journée est en principe automatisable. Encore faut-il naturellement bien considérer les efforts et les investissements nécessaires à son automatisation. Parfois, ceux-ci ne peuvent tout simplement pas être rentabilisés et il arrive aussi que l'automatisation complexifie inutilement le flux de production.

Avec les bras robotisés et les cobots, cela peut conduire à l'impasse. Les robots des films de science-fiction sont souvent présentés comme des créatures intelligentes et autonomes. De même, dans les documentaires futuristes, les robots ont une tête, un tronc, des bras et des jambes, et ils sont sur le même pied que l'humain. Rarement, cet avenir fantasmé évoque le rôle du programmeur besogneux qui peine à écrire les codes rendant leurs innombrables actions possibles.

La règle au pays de la robotique reste pourtant que le moindre mouvement doit être encodé. Un même robot peut bien sûr exécuter plusieurs opérations, mais en règle générale, ce n'est pas l'équipement qui détermine quel programme il exécute. On lit beaucoup de choses sur l'apprentissage automatique (machine learning) et l'intelligence artificielle. Mais leur application est loin d'être aussi répandue que ce que l'on veut nous faire croire aujourd'hui.

Ce qui ressort par ailleurs également de l'autre image que nous nous faisons des robots: les servants d'une ligne de production totalement automatisée d'où sortent perpétuellement les mêmes produits. La chaîne de montage d'automobiles en est l'archétype. Les robots sont davantage à l'aise dans les environnements où beaucoup est standardisé. Si les opérations successives se ressemblent fortement, le robot peut exécuter indéfiniment la même séquence sans intervention humaine. Les machines peuvent continuer à travailler de nuit, quand le personnel de jour est rentré chez lui. Si les opérations sont très diverses et qu'elles demandent différentes manipulations, la mise en oeuvre d'un robot est laborieuse. L'imprimerie qui veut travailler avec des robots doit donc faire des choix. Pour quel type de tâches peut-on totalement automatiser la production et pour quelles autres fera-t-on mieux de l'éviter? Et souhaitons-nous toujours nous charger de cette dernière catégorie?

En principe toute action manuelle effectuée plus d'une fois par jour est inscrite sur la liste des nominations pour automatiser (ici le robot Stahlfolder P-Stacker de Heidelberg).
En principe toute action manuelle effectuée plus d'une fois par jour est inscrite sur la liste des nominations pour automatiser (ici le robot Stahlfolder P-Stacker de Heidelberg).

Palettes complètes

Les robots peuvent surtout faire la différence au stade du postpresse. Les imprimés doivent être amenés, évacués, assemblés et empilés. Un travail souvent relativement physique et monotone. Au plus il peut être automatisé de manière rentable, au mieux. Le cliché du robot évoqué plus haut est difficilement compatible avec la pratique d'un atelier de finition.

Un bras robotisé peut aider au prépresse en automatisant le chargement sur le bon chariot des plaques qui viennent d'être exposées par le CtP. À l'atelier finition, il peut être utile pour empiler des boîtes, des cahiers ou des produits finis. Si ce n'est qu'en lieu et place d'un "bras", on trouve souvent une grosse machine, comme un palettiseur. Ces équipements sont disponibles sous de multiples formes et ils peuvent soulager le personnel d'une bonne partie du travail lourd. Avec pour résultat, une palette complète chargée en un clin d'oeil avec une efficacité redoutable.

Les produits arrivent généralement par une bande transporteuse. Ils sont mis en attente ou poussés sur le côté par une station intermédiaire. Des piles inégales peuvent ainsi être réparties plus justement, ce qui donne au final un empilement soigné difficilement réalisable à la main.

Conscientisation

La robotisation et l'automatisation nuiraient à l'emploi, entend-on souvent. Cet argument n'est qu'en partie vrai. La plupart des entreprises misent sur l'automatisation pour assurer la poursuite de leur activité ou pour se développer. Autrement dit, pour justement éviter des pertes d'emplois ou en créer de nouveaux - fussent-ils d'un autre type. L'automatisation peut en outre améliorer la qualité des produits et faire gagner de la place. Les robots et les machines autonomes peuvent travailler à des endroits inaccessibles pour un personnel humain. Dans certaines papeteries, des robots sont déployés pour gerber les bobines. Ils sont capables d'en superposer des grosses sur des petites en toute sécurité, ce qu'un manutentionnaire humain ne pourrait ou n'oserait pas faire.

Une automatisation n'est rentable que si elle est utilisée de manière optimale et aussi souvent que possible. Ce qui suppose que l'ensemble du matériel et du logiciel ait été adéquatement déployé et que le personnel ait compris comment s'en servir. Et aussi qu'il ait pris conscience de l'importance de cette automatisation. L'entreprise, en d'autres termes, doit avoir bien communiqué sur l'utilité de la fonctionnalité, dans laquelle le collaborateur, de son côté, ne doit pas voir une menace pour son job, mais un enrichissement du processus de production.

Ces conditions ne peuvent être réunies que si le management soutient lui-même cette automatisation et qu'il en perçoit tout l'intérêt. Il arrive en effet que la direction décide de consacrer beaucoup d'argent à l'automatisation, pour ensuite ne plus s'en préoccuper. Au personnel de se débrouiller pour en faire quelque chose.

Peut-être la conscientisation est-elle plus importante que l'automatisation elle-même. Elle nécessite d'impliquer les travailleurs dans le processus d'investissement et de les faire participer à la réflexion autour de l'aménagement de la production. Des informations importantes peuvent en ressortir et les dirigeants pourront d'autant mieux discerner les bénéfices susceptibles d'en découler. L'opérateur en poste à l'atelier en sait en effet souvent plus sur la fabrication que ses supérieurs. Car ce sont les gens, in fine, qui rendent l'automatisation possible. Sans la collaboration d'un humain, un robot n'est d'aucune utilité.

Le système d'audit permet de comparer les résultats courants par rapport à un processus optimisé.
Le système d'audit permet de comparer les résultats courants par rapport à un processus optimisé.

Un logiciel pour cartographier le rendement de l'entreprise

Calculer le rendement des nouveaux investissements est compliqué. Avec la pléthore de variables à prendre en compte dans une entreprise, entrevoir les possibilités de générer plus de chiffre d'affaires est moins simple qu'il y paraît. Dataline, l'éditeur du système d'information de gestion Multipress, a mis au point un outil permettant de cartographier les charges d'exploitation d'une entreprise. Le système appelé MAS, abréviation de Manufacturing Auditing Software, calcule les coûts réels par processus opérationnel. De quoi savoir immédiatement si un processus est rentable ou non. Le système d'audit permet de comparer les résultats courants par rapport à un processus optimisé. Forte de ces chiffres, la direction de l'entreprise pourra prendre des décisions rationnelles concernant l'opportunité d'investir dans l'automatisation. Les chiffres clés produits par l'audit peuvent aussi être utiles à d'autres fins: par exemple pour évaluer si certaines opérations ne feraient pas mieux d'être sous-traitées. Ou encore en cas de fusion ou de rachat, ou pour démontrer la solvabilité de l'entreprise. MAS a été développé comme logiciel autonome, mais il sera très bientôt intégré à Multipress.

La Ghent PDF Output Suite 5.0: cette charte comporte différents éléments pouvant être utilisés indépendamment l'un de l'autre.
La Ghent PDF Output Suite 5.0: cette charte comporte différents éléments pouvant être utilisés indépendamment l'un de l'autre.

Moins d'opérations manuelles grâce au PDF/X-4

Les plus grandes avancées des dernières années en matière d'automatisation ont été réalisées au prépresse. Pour autant, il reste encore beaucoup à gagner dans ce département également. Ainsi, l'industrie graphique prend, lentement mais sûrement, congé du PDF/X-1a. Lentement, car diverses imprimeries demandent encore toujours à leurs donneurs d'ordres de travailler dans l'espace CMJN et de fournir les fichiers dans ce format. Ce qui présente toutes sortes d'inconvénients pour leurs clients.

Les fichiers sont de plus en plus souvent créés dans des logiciels de mise en page non professionnels. Dans le monde crossmédia où les clients évoluent, le RVB est la norme et le CMJN, le vilain petit canard. Beaucoup mélangent les systèmes colorimétriques sans même s'en rendre compte. L'obligation de travailler en CMJN oblige le client à se plonger dans une matière qui ne l'intéresse pas.

Les clients ont en outre l'habitude d'utiliser la transparence dans de multiples aspects de leurs designs. Or, la transparence est un problème pour PDF/X-1a. Au moment de générer le PDF et au niveau du RIP, l'image est aplatie, ce qui peut régulièrement donner des résultats imprévisibles - lisez, illisibles. D'où la nécessité d'implanter des contrôles aussi bien du côté de l'envoyeur des fichiers que du département prépresse. Ce qui constitue un obstacle à l'automatisation. Quand PDF/X-1a est utilisé, certains designs sont tout simplement impossibles à imprimer conformément aux souhaits du client.

La solution vient de PDF/X-4. Le standard PDF est devenu une norme en 2008 - la version actuelle remonte à 2010 - et il poursuit une avancée prudente depuis quelques années. Avec PDF/X-4, le graphiste ne doit plus se préoccuper de ce qu'il adviendra des objets transparents ou des espaces chromatiques utilisés dans son design. Il peut ainsi se concentrer sur les questions importantes, comme la qualité et la résolution des images. L'opérateur du département prépresse doit de son côté surtout veiller au bon paramétrage du RIP.

Le Ghent Workgroup (GWG) a proposé à cette fin une forme-test: la Ghent PDF Output Suite 5.0. Cette charte comporte différents éléments pouvant être utilisés indépendamment l'un de l'autre. Certains sont plus intéressants, par exemple, pour l'imprimerie commerciale, et d'autres pour l'imprimeur d'emballages. On peut trouver sur le site Web du GWG une petite liste d'entreprises du monde entier qui se sont entre-temps certifiées selon ce test. On attend toujours le nom de la première société belge.

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