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" Nous voulons rendre notre chaîne d'approvisionnement 100% durable "

Peu connue du grand public, Stanley/Stella est pourtant une marque de vêtements B2B leader dans son secteur en Europe. Pour les professionnels de l'impression textile, Stanley/Stella est une marque de référence pour la décoration de vêtements de qualité et durable. Fondée en 2012 par Jean Chabert, Stanley/Stella produit et distribue des vêtements écoresponsables destinés à être personnalisés, pour de grandes entreprises ou d'autres marques. T-shirts, hoodies, sweatshirts... en sont quelques exemples. L'entreprise à forte croissance a fait partie des Trends Gazelles dans la catégorie des moyennes entreprises pour Bruxelles en 2020. " Depuis le lancement de Stanley/Stella, nous progressons en moyenne de l'ordre de 50% par an en termes de ventes ", souligne le PDG Jean Chabert. Pour 2022, le producteur belge de vêtements annonce un chiffre d'affaires de 175 millions d'euros, plus de 140 collaborateurs au siège à Auderghem, 230 distributeurs et sept usines. Stanley/Stella est présente dans 34 pays et a reçu cinq écocertifications. " Cette croissance remarquable en 10 ans a été réalisée grâce à des valeurs fortes ; excellence, innovation, écoresponsabilité et l'humain, qui sont dans l'ADN de l'entreprise ", fait savoir Stanley/Stella à l'occasion de son anniversaire. Lors de la célébration des dix ans, qui a réuni à Tour & Taxis près de 650 personnes, l'entreprise est revenue sur ses grandes réalisations. À savoir l'ouverture d'un centre de distribution robotisé au Royaume-Uni, la création d'une charte de responsabilité, un nouveau logo et le lancement de la marque aux États-Unis. " Nous voyons de nombreuses opportunités aux États-Unis pour convaincre les entreprises américaines de notre vision durable de la mode et de l'impression. Nous sommes conscients que la route va être longue et difficile, mais l'important est d'agir. C'est pourquoi nous avons commencé à recruter une équipe pour développer notre activité aux États-Unis ", évoque l'entreprise.

Stanley/Stella a réussi à se démarquer sur un marché très compétitif en intégrant l'écosystème dans sa totalité.
Stanley/Stella a réussi à se démarquer sur un marché très compétitif en intégrant l'écosystème dans sa totalité.© AR

Charte de responsabilité

Chez Stanley/Stella, la durabilité s'inscrit dans les moindres détails, jusqu'au café équitable qui est consommé par les employés (constat de notre visite dans l'entreprise). " Nous avons pour objectif de rendre notre chaîne d'approvisionnement 100% durable, mais nous savons que l'avenir sera semé d'embûches ", déclare Jean Chabert dans le rapport de durabilité de Stanley & Stella. Un rapport dont la couverture a été entièrement fabriquée à partir de chutes de textile. Le PDG de l'entreprise en est bien conscient: l'industrie textile est l'une des plus polluantes de la planète. C'est d'ailleurs sur base de ce constat que Stanley/Stella a vu le jour. Depuis le début, l'ambition de l'entreprise est de limiter à son échelle les impacts environnementaux et sociétaux de l'industrie textile. Pour y parvenir, elle entend intervenir sur tous les maillons de la chaîne d'approvisionnement grâce à sa nouvelle charte de responsabilité: " De la culture du coton à la commercialisation des vêtements, nous englobons l'ensemble de l'écosystème. Aujourd'hui, quel que soit le secteur, un projet industriel ne peut être mené sans intégrer un projet sociétal. Les entreprises qui l'ignorent ne vont pas perdurer. On observe d'ailleurs que les jeunes sont de moins en moins attirés par ces dernières ", déclare Jean Chabert. À l'appui, Stanley/Stella travaille conformément aux normes Organic Content Standard (OCS) et Global Organic Textile Standard (GOTS).

Coton organique

Les vêtements en coton bio représentent une part importante de l'offre de Stanley/Stella. Le trajet des tissus conçus par l'entreprise débute en Inde et en Turquie d'où provient le coton bio et se poursuit principalement au Bangladesh, à l'est de l'Inde. Les vêtements sont ensuite envoyés par bateau en Europe et distribués sur le marché européen. La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni représentent plus de la moitié du chiffre d'affaires. Stanley/Stella est membre de la Fairwear Foundation, qui oeuvre pour l'amélioration des conditions de travail. Elle s'est engagée à augmenter significativement le pouvoir d'achat de ses collaborateurs locaux. Plus de 30 collaborateurs travaillent sur place conformément aux engagements et aux valeurs défendues par l'entreprise.

Jean Chabert, PDG de Stanley & Stella, entouré de ses collaborateurs. " Aujourd'hui, quel que soit le secteur, un projet industriel ne peut pas être mené sans intégrer un projet sociétal. Les entreprises qui l'ignorent ne vont pas perdurer. "
Jean Chabert, PDG de Stanley & Stella, entouré de ses collaborateurs. " Aujourd'hui, quel que soit le secteur, un projet industriel ne peut pas être mené sans intégrer un projet sociétal. Les entreprises qui l'ignorent ne vont pas perdurer. "© AR

Réseau de partenaires

Stanley/Stella est active sur un marché européen de la vente de vêtements imprimés où l'on compte environ 150.000 acteurs. " Notre réseau de partenaires représente moins d'un pour cent de ce total ", confie Jean Chabert. " Les partenaires souhaitant travailler avec nous doivent s'impliquer dans le projet qui vise à réduire notre impact et, quand ce n'est pas possible, à mettre en place des actions complémentaires afin de compenser les impacts négatifs. La satisfaction du client est essentielle, mais nous tenons vraiment à ce qu'il s'engage au niveau de sa responsabilité ". Avec sa vision responsable et durable, Stanley/Stella parvient à se démarquer sur un marché mondial très compétitif en intégrant l'écosystème dans sa totalité. Si la production se déroule en Asie, l'impression et la finition sont assurées en Europe auprès du réseau de partenaires. Pour Jean Chabert, c'est un concept qui permet de livrer rapidement les clients finaux. En Belgique, on compte 16 revendeurs officiels et plus de 37 dans le Benelux, sur un total de 230 partenaires européens. PAS Print à Anvers (voir encadré) et Quatrième Dimension à Namur en font par exemple partie, mais ne sont pas encore certifiées GOTS, ce qui est encouragé par la marque de vêtement. " Afin de garantir aux consommateurs des vêtements finis et personnalisés 100% organiques et durables, nous encourageons nos revendeurs à adopter des techniques d'impression certifiées GOTS. Celles-ci utilisent des encres non toxiques et des méthodes de production durable ", déclare Stanley/Stella.

" Nous voulons rendre notre chaîne d'approvisionnement 100% durable "

Process d'impression certifié GOTS

Un vêtement en coton bio a beau être certifié Global Organic Textile Standard (GOTS) sur toutes ses phases de fabrication, si le processus d'impression ne l'est pas, une fois imprimé le vêtement perd sa certification. Pour que le client n'ait pas à couper l'étiquette comportant le logo GOTS du textile imprimé, l'imprimeur doit donc lui aussi être certifié GOTS. Ce qui implique notamment une utilisation d'encres et autres produits approuvés par GOTS. Les encres textiles aqueuses sont ainsi les plus souvent recommandées. Sont en outre exclus les composés organiques volatils, le PVC, les phtalates, le formaldéhyde, les métaux lourds et les alkylphénols éthoxylés (APEO) utilisés dans les détergents. Le nettoyage doit donc se faire sans solvant. En sérigraphie, les écrans doivent être traités dans une unité de nettoyage en circuit fermé. Il peut être préférable d'opter pour des écrans qui présentent une plus longue durée de vie grâce à la qualité de la toile afin de réduire les déchets.

Céline Dufour, Head of Decoration chez Stanley/Stella.
Céline Dufour, Head of Decoration chez Stanley/Stella.© AR

Les coulisses du département décoration de Stanley/Stella

En visite dans les locaux de Stanley/Stella à Auderghem, qui s'étendent sur deux niveaux et 3.000 m2, nous avons découvert le coeur du processus créatif de la marque: le design, le produit et la décoration. C'est là que les futures collections sont conçues et que de nouvelles matières sont testées telles que le coton organique ou recyclé, le polyester recyclé et le Modal, à base de fibres de bois. " Quand on conçoit un produit, on veille particulièrement à ce qu'il soit compatible avec les techniques de décoration. Cela comprend aussi bien l'impression que la broderie ", explique Céline Dufour, Head of Decoration de Stanley/Stella. L'atelier est ainsi équipé de machines pour l'impression DTG (Brother), DTF (Brother + presse à chaud), la broderie (Barudan) et pour tous types de transfert. Pour des tests plus complexes, l'équipe visite également ses partenaires du réseau officiel de revendeurs. Ce qui favorise un partage mutuel de connaissances. Pour les vêtements en coton bio, Stanley/Stella s'assure que la qualité de la matière rend un résultat d'impression optimal. " De la qualité de ses matières premières jusqu'au tissage, Stanley/Stella s'assure dès la source (Inde, Chine, Bangladesh, Vietnam...) d'obtenir le meilleur rendu pour la décoration. Par exemple, pour la gamme coton, sa surface offre un résultat d'impression aux couleurs vives, aux détails nets et permet ainsi d'appliquer moins d'encre ", explique Céline Dufour. Pour les vestes en polyester recyclé, ce sont des tests de résistance à la chaleur, de pression bar et de migration qui sont réalisés. Aussi, la particularité du vêtement réside dans sa conception qui se veut la plus ergonomique possible pour l'opérateur sans compromettre l'esthétique pour le client final. " On crée des doublures avec de grandes ouvertures zippées très discrètes de sorte à faciliter l'accès pour la broderie ou la presse à chaud, sans que cela transparaisse sur la doublure ", dit Céline Dufour. En matière d'impression, Céline donne ses recommandations: " La sérigraphie est intéressante pour reproduire les couleurs pures comme Pantone et est optimale pour traiter les gros volumes. En numérique, l'impression DTF (directe sur film, NDLR) est idéale pour décorer les vestes en polyester et elle permet de faire l'impasse sur le prétraitement, qui est nécessaire en DTG. Le DTF est aussi pratique pour imprimer des zones qui sont difficiles d'accès. Tandis que le DTG (direct to garment) est la solution pour imprimer directement sur le textile sans limitation de couleurs et sans minimum de quantité. "

Nicolas Debbaut, directeur de PAS Print, à Deurne (Anvers).
Nicolas Debbaut, directeur de PAS Print, à Deurne (Anvers).© AR

PAS Print, " Best yearly performance official dealer "

PAS Print - Publi Art Shirt, située à Deurne, a été reconnue comme revendeur ayant la meilleure moyenne d'achat par année d'activité de Stanley/Stella lors de la célébration des dix ans d'existence de l'entreprise. Fort de 34 ans d'expérience, PAS Print a d'ailleurs été le premier client de la marque belge de vêtements B2B. Équipée de trois carrousels de sérigraphie, d'une imprimante jet d'encre textile Brother et d'une solution DTF, l'entreprise PAS Print imprime annuellement deux millions d'articles. La sérigraphie représente d'ailleurs 80% de ses activités d'impression. Les applications vont des vêtements d'entreprises aux marques de mode en passant par le merchandising. Le showroom de PAS fait la part belle aux vêtements en coton bio de Stanley/Stella, mais d'autres marques sont aussi représentées. " Il y a dix ans, je recherchais une nouvelle marque et Stanley/Stella apportait un renouveau sur le marché avec un standard de qualité supérieure et du coton bio. Les produits sont aussi plus orientés vers la vente au détail et facilement personnalisables pour les marques " explique Nicolas Debbaut, directeur de PAS. Bien que la sérigraphie est ce qui fait tourner l'entreprise, Nicolas remarque que le l'impression directe sur film (DTF) est un procédé en phase d'accélération qui est de plus en plus utilisé. " Mais cela reste une solution complémentaire, elle ne se suffit pas à elle seule pour pouvoir en vivre ", dit Nicolas Debbaut. " Nous restons une entreprise de production qui traite de gros volumes. La sérigraphie et la broderie sont à la base de notre activité, ensuite le DTG et le DTF constituent des techniques complémentaires. Ce qui compte c'est de pouvoir offrir une qualité d'impression homogène de la première à la dernière pièce. "

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